Crampons et nichons

FILM – « Comme des garçons » (2018), le premier long-métrage de Julien Hallard, revient à la fin des années 1960 avec la création d’une équipe légendaire du foot féminin.

comme-des-garcons-1

S’il est aujourd’hui reconnu sur un grand nombre de régions du globe, le foot féminin a mis beaucoup de temps à s’imposer en France. Après avoir connu un certain engouement dans les années de l’entre-deux-guerres, il a été banni par les gouvernements estimant la pratique du ballon rond non conforme à l’image que l’on se fait de la femme.

Alors qu’un peu partout en Europe le foot féminin est durablement installé et qu’il propose même une équipe nationale, il faut attendre en France la fin des années 1960 pour que les femmes acquièrent de nouveau le droit de taper dans un ballon.

Un jour de 1968 à Reims, le journaliste Pierre Geoffroy organisa au stade Auguste Delaune une rencontre de foot disputée par des femmes. Une idée incongrue pour l’époque encore très dominée par les hommes et peu ouverte au féminisme. C’est cette histoire, dans une interprétation toute personnelle, que le réalisateur Julien Hallard adapte pour son premier long métrage « Comme des garçons » sorti en avril 2018.

Il s’agit avant tout d’une comédie. Il ne faut donc pas tenir rigueur des approximations historiques que le film contient. L’action se situe en 1969 (là où elle aurait dû se dérouler un an plus tôt) et démarre sur une relégation du Stade de Reims (alors qu’il baigne en D2 depuis 1967). On remarque même, mauvais esprits que nous sommes, que l’écusson présent sur les maillots des jeunes du Stade de Reims est celui adopté en… 1999.

Pour les besoins de la comédie, le journaliste qui a l’idée d’organiser le match féminin, joué par Max Boublil, est transformé en un séducteur invétéré qui s’intéresse certes aux femmes mais pas vraiment à leurs revendications. Du moins au début.

Lancé dans son projet, il relaie le combat de ces jeunes femmes contre la misogynie ambiante, monte à la Fédération demander des licences et met sur pied rien moins que la première équipe de France féminine.

C’est un film agréable, un peu convenu certes, mais il a le mérite de rappeler combien fut difficile le combat de ces jeunes femmes contre les préjugés de l’époque. Quelques extraits rappellent les croyances selon lesquelles la physionomie des femmes n’étaient pas adaptée au ballon rond, ou encore que leur rôle dans la société restait d’être au service de leur mari et non pas de s’exhiber en public.

Pour qui soupçonnerait Julien Hallard d’être tombé dans la caricature, il serait intéressant d’écouter « Les filles de Reims« , un documentaire radio signé Perrine Kervran et Charlotte Roux, qui raconte la véritable histoire de ce match pas comme les autres.

To do list :

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :