Loin des yeux loin des verts

CHANSON – En 1983, Daniel Balavoine supplie les fans de l’AS Saint-Etienne de ne pas abandonner leur club à la dérive. La chanson s’appelle sobrement « Supporter ».

Daniel Balavoine

C’est un peu la version sad du « Qui c’est le plus forts » de Monty en 1976. « Supporter » de Daniel Balavoine appelle au soutien de l’AS Saint-Etienne. Mais au clap-clap joyeux des années soixante-dix a succédé la tristesse et la désolation.

Pour le gardien pense aux étrennes
On s’engueule même quand on s’entraîne
Il faut punir la mauvaise graine
Supporter supporter
Laisse pas tomber Saint-Etienne

Le club stéphanois a conquit son dixième titre de champion de France en 1981. L’équipe des années soixante-dix a laissé place à de brillantes recrues parmi lesquelles Michel Platini et Johnny Rep. En 1982, Saint-Etienne termine à la deuxième place du championnat. Mais des événements en coulisses vont précipiter son déclin. On découvre que le club est alimenté par une caisse noire. Le président Roger Rocher est conduit en prison et entraîne le club dans sa chute. Les meilleurs joueurs quittent le navire et l’équipe coule jusqu’au fond du classement.

Où y a d’la gêne y a pas de plaisir
C’est chez les pauvres que c’est le pire
Quand y a plus d’but y a plus de délire
Supporter supporter
Faut renflouer la tirelire

Daniel Balavoine n’a jusqu’à présent jamais vraiment manifesté son intérêt pour le foot. Solidement installé parmi les figures de la variété française, le chanteur s’est fait remarquer par quelques interventions tranchantes dans quelques émissions TV, à une époque où le petit écran n’autorisait ni n’encourageait les petits écarts.

« Supporter » paraît en 1983, d’abord en face B du single « Pour la femme veuve qui s’éveille » puis sur la deuxième piste de l’album « Loin des yeux de l’occident« . Cet album est sans doute le plus important de la discographie du chanteur français, même s’il n’a pas réalisé les meilleurs chiffres de vente.

Daniel Balavoine l’a entièrement composé à son domicile, à partir de synthétiseurs connectés à un ordinateur, un home studio avant l’heure complètement révolutionnaire à l’époque. Il l’a ensuite enregistré quasiment seul dans les studios anglais, sur les traces de son idole Peter Gabriel.

Comme l’indique le titre donné à l’album, Balavoine y aborde des thèmes peu médiatisés : la condition des femmes dans de nombreux pays (« Pour la femme veuve qui s’éveille« ) et les sanglantes dictatures en Amérique latine (« Frappe avec ta tête« ). Un an plus tôt, le chanteur avait découvert l’Afrique à l’occasion de sa première participation au Paris-Dakar. Faute d’avoir pu participer à la course, sa voiture ayant lâché, il a pu visiter le continent noir et constater l’immense détresse de la population.

Evoquer le foot au milieu de thèmes beaucoup plus graves peu sembler bien futile. Surtout à une époque où chanter le ballon rond n’allait pas forcément de soi. Mais Balavoine a tenté le pari, puisqu’il se fait fort de relayer tous les cris et SOS. Celui d’un footballeur qui défend les couleurs d’un grand club à la dérive.

Souviens-toi quoiqu’ils disent
Ne les écoute pas
C’est quand je joue mal que j’ai le plus besoin de toi
Quand je touche plus une bille
Ne fais pas comme cette fille
Qui s’fait la malle en disant chéri, je n’aimais que toi

 

 

 

 

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