Un rossignol sur les barbelés

LITTERATURE – Dans son livre « Manchester Memories » (2000, Castor Astral), l’écrivain Bernard Morlino rend hommage à Eric Cantona, l’enfant des Caillols rejeté de son pays et devenu la légende d’un des plus grands clubs du monde.

Morlino Cantona Manchester Memories

Manchester United et Eric Cantona, c’est la rencontre imprévue entre un club de légende et un footballeur d’exception.

En 1992, Manchester United est encore un club romantique. Il a forgé sa légende sur le terrible accident d’avion qui décima l’équipe en 1958 puis sur les stars des années soixante, Bobby Charlton, Dennis Law et surtout George Best qui hissèrent le club au sommet de l’Europe, en 1968. Puis après un dernier titre national en 1969, le club entre dans le rang, décline et passe même une saison en deuxième division. En dépit d’une rapide remontée parmi l’élite, d’un nouvel entraîneur nommé Alex Ferguson, de quelques Coupes remportées ça et là, Manchester United n’a plus remporté le moindre titre de champion d’Angleterre depuis vingt-cinq ans.

En 1992, Eric Cantona est le joueur le plus controversé de l’hexagone. Il a déjà desossé quelques adversaires, insulté un sélectionneur, jeté un maillot, frappé un coéquipier, lancé un ballon sur l’arbitre, changé six fois de club, mis un terme à sa carrière et balancé ici et là quelques coûteuses vérités. D’un pays comme la France où s’exprimer est un droit qu’il convient ne ne pas trop user, l’exil était devenu une nécessité.

Manchester United attendait un titre national depuis vingt-cinq ans. Eric Cantona vient le lui apporter. Le championnat anglais est remporté en 1993, suivi d’un doublé Cup-Championnat en 1994. Puis après une année blanche due à la suspension de Cantona pour un fameux yoko-geri à Selhurst Park, en janvier 1995, le club d’Alex Ferguson réalise un nouveau doublé en 1996. Qui, de Manchester United ou de Cantona, a contribué à la légende de l’autre ?

Eric Cantona

Bernard Morlino est journaliste, critique littéraire, et accessoirement passionné de foot. Correspondant à Manchester, il s’intéresse rapidement au rebelle des Caillols. « Croyez-vous que l’on puisse réussir dans le siècle de Buchenwald et de Drancy ? » demanda-t-il au footballeur à la fin d’une conférence de presse. Intrigué, mais séduit, Cantona répondit laconiquement « On en reparlera« . L’écrivain, alors, surenchérit : « Vous êtes le rossignol qui chante sur les barbelés…« . Le courant passe entre les deux hommes. C’est le début d’une longue amitié qui débouchera sur « Manchester memories » (Castor Astral), un long éloge du footballeur rebelle ou jamais son nom n’est prononcé, comme pour ne pas briser le mythe.

Morlino écrira d’autres livres sur sa passion du foot, dont certains seront préfacés par le king de Manchester himself.

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