Pelé et la révolution antillaise

FILM – Le documentaire « Nous irons voir Pelé sans payer » (2013) de Gilles Elie-Dit-Cosaque revient sur un match en 1971 que le Santos FC, club de Pelé, dispute contre la Martinique. Un événement qui dépassera le cadre du foot pour entrer dans l’histoire sociale des Antilles.

Nous irons voir Pelé sans payer

Le roi Pelé, en 1971, est au sommet de sa gloire et provoque l’effervescence partout où il passe. Son club, le Santos FC, l’a bien compris, qui néglige les championnats brésiliens et multiplie les tournées lucratives à l’étranger pour faire fructifier son trésor.

Le 28 janvier 1971, Santos doit affronter une sélection de Martinique à Fort-de-France au stade Louis Achille. Toute l’île bouillonne de joie, mais rapidement le désenchantement s’installe : Les billets d’entrée au stade sont vendus dix fois plus chers qu’à l’accoutumée. Une grande partie de la population comprend que l’événement n’est pas elle.

La déception est entendue jusque dans les rangs du GAP, Groupement d’Action Prolétarien, un groupuscule d’extrême gauche nouvellement créé qui voit dans cet événement l’occasion de frapper un grand coup. Il appelle à la désobéissance civile et lance le mot d’ordre : « Nous irons voir Pelé sans payer ! »

« Pelé est une superstar. Nous, nous sommes la jeunesse anticolonialiste déterminée. Nous affirmons que nous allons le voir – et pas seulement nous, mais le peuple martiniquais – sans payer. »

Pendant que le match se prépare, la poudre crépite. Les murs de la ville se couvrent de graffitis, des tracts sont distribués, des grèves s’organisent, des manifestations se multiplient provoquant des heurts avec les forces de l’ordre. Le mouvement prend de l’ampleur et les autorités s’inquiètent.

Au delà de la baisse du prix des billets, ou de l’annulation du match, l’objectif du GAP est de provoquer des émeutes dans une logique révolutionnaire. Pour calmer les esprits et permettre au match de se dérouler sans incidents, les pouvoirs publics décident finalement de diffuser le match à la télévision. Une première sur l’ile qui a finalement permis aux Martiniquais… de voir Pelé sans payer.

Le réalisateur martiniquais Gilles Elie-Dit-Cosaque a retrouvé les témoins de cette singulière épopée. Il assemble les souvenirs recueillis dans un reportage passionnant et replonge la société martiniquaise au début des années 1970. Réalisateur, mais aussi photographe et graphiste, Elie-Dit-Cosaque a réalisé plusieurs films sur la société martiniquaise. Ce documentaire ajoute une épisode de plus à la légende si exceptionnelle du roi Pelé.

Sources :

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