Des caméras sur la Coupe

FILM – La Coupe du Monde 1938 organisée en France est la première à avoir bénéficié d’un film officiel. Grâce à l’opiniâtreté du réalisateur René Lucot et à l’intuition du dirigeant Henri Delaunay. 

cm1938-film

Lorsque René Lucot vient proposer son idée de faire un film sur la Coupe du Monde de football, qui se déroule en France en 1938, les membres de la Fédération française de football se demandent bien à quoi peut servir un tel projet. L’idée d’un film officiel n’est pas encore présent dans les esprits de l’époque, et les deux premières Coupes du Monde, en Uruguay et en Italie, n’ont pas fait l’objet d’un tel traitement.

Heureusement, un homme se montre séduit par le projet du cinéaste, et pas n’importe lequel : Henri Delaunay. Le secrétaire de la Fédération avait sans doute apprécié le court-métrage documentaire qu’avait réalisé Lucot en 1935, sobrement titré « Vive le Football ! ». Sans doute plus visionnaire que ses collègues de bureau, Delaunay n’ignore pas que l’image filmée, pour le cinéma et la télévision, a un avenir florissant et que le foot a tout à gagner en se laissant filmer. Il accorde au réalisateur carte blanche et crédit illimité.

Grâce à cet inestimable appui, René Lucot peut filmer la Coupe du Monde comme il l’entend. Il envoie ses hommes et ses caméras sur tous les stades de la Coupe du Monde. Il filme presque l’intégralité des matches, braque aussi ses caméras dans les tribunes et interviewe les personnalités présentes à l’événement.

René Lucot se rend aussi à Chantilly, où l’équipe de France a établi ses quartiers pour la Coupe du Monde. Il peut filmer à loisir l’intimité des Tricolores, ces derniers ne cachant pas leur surprise d’une telle sollicitation.

Au stade de Colombes, craignant d’être gêné par la foule en tribunes, René Lucot fait construire sous le toit une passerelle où ses caméramen peuvent travailler en toute tranquillité. Cette passerelle demeurera vingt ans dans le stade parisien, et sera reproduite dans bien d’autres enceintes.

Le tournage terminé, il n’en reste au bout du compte qu’un montage de 35 minutes. René Lucot sollicite l’acteur Jean Gabin pour assurer les commentaires. Malheureusement, la Gueule d’Amour du cinéma français est sur le tournage de « La Bête Humaine » de Jean Renoir et ne peut se libérer pour son ami Lucot. Les commentaires, écrits par le journaliste Jean Eskenazi, seront finalement assurés par Jean Antoine.

Le film sera diffusé dans de nombreux cinémas de France. Il ne rencontrera qu’un succès limité, mais il demeure aujourd’hui un document précieux et une référence pour bien des réalisateurs d’événements sportifs.

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