Chacun son métier : le cinéma

CINEMA – Aux exceptions notables d’Eric Cantona et Vinnie Jones, peu de footballeurs font carrière au cinéma.  Il y en a pourtant beaucoup que l’on a traité de comédien sur le terrain, mais peu confirment lorsqu’ils se retrouvent dans un « vrai » film.

Il y a plusieurs raisons, pour un cinéaste, de faire appel à un footballeur professionnel pour un rôle dans un film. La plus évidente est la raison technique : S’il y a une scène de foot dans le film, mieux vaut qu’elle soit jouée par des hommes du métier. Il y a aussi la raison du prestige : Le footballeur est une personnalité connue et reconnue, sa « gueule » et son nom sur l’affiche feront une bonne pub, même s’il ne fait qu’une brève apparition.

Enfin, il y a les footballeurs que l’on appelle tout simplement parce qu’ils envisagent très sérieusement de faire carrière dans le cinéma. Ceux-là évitent généralement toute référence au ballon rond. Ils veulent un rôle de gangster, d’agent secret ou de super-héros, mais surtout pas de footballeur.

1 – Les footballeurs dans un rôle de composition, où il n’est pas ou peu question de foot :

Bien avant Vinnie Jones et Eric Cantona, il y eu Raf Vallone. Le jeune italien disputa de nombreux matches du championnat italien avec le Torino, remporta même la Coppa Italia en 1936 avant de devenir un acteur de renom. Il tourna plus de 80 films dont « Les héros du dimanche » (« Gli Eroi della Dominica« ) de Mario Camerini, le seul où il joue le rôle d’un footballeur.

Le bouillant défenseur allemand Paul Breitner se retrouve en 1976 au générique d’un drôle de western, « Potato-Fritz« . On se demande encore comment…

L’ancien Ange Vert Dominique Rocheteau apparaît en 1995 aux cotés de Gérard Depardieu dans « Le Garçu » de Maurice Pialat.

Eric Cantona et son frère Joël font leurs grands débuts au cinéma en 1995 dans « Le bonheur est dans le pré » de Etienne Chatiliez. Le premier film, pour l’un et l’autre, d’une longue série.

Vinnie Jones, la terreur des gazons du championnat anglais, se tourne lui aussi vers une carrière d’acteur, imitant son ennemi intime Eric Cantona. La figure de proue du crazy gang de Wimbledon FC apparaît en 1998 dans le film de Guy Ritchie « Lock, stock and two smoking barrels« . Le début d’une belle carrière de star du cinéma d’action.

José Touré

José Touré, l’homme qui inscrivit le plus beau but de l’histoire des finales de la Coupe de France, est en 2001 au générique de « Voyance et manigance » de Eric Fourniols, lui-même ancien rugbyman, champion de France 1987 avec Toulon.

Frank Leboeuf, champion du monde 1998 et défenseur de Chelsea, se lance lui aussi dès 2002 dans une carrière de comédien. Il débute dans « Taking sides » d’István Szabó puis enchaîne avec « The Price of Dreams » de Erik Laibe (2007), « The Ball Is Round » de Mirwan Suwarso (2008) et « Caravaggio: The Search » de Maureen Murphy (2010).

David Ginola, enfant terrible du foot français dans les années 1993-1995, obtient son premier rôle en 2004 dans « Mr Firecul » de Jade Carmen. On le voit également dans « Last Drop« , un film de guerre de Colin Teague. Et il assure en outre la voix d’une crevette dans la version française du dessin animé « Le Monde de Nemo« . Depuis, plus rien.

Pascal Nouma, un attaquant français qui a fini sa carrière en Turquie, se retrouve en 2006 au générique d’un nanar turc, « L’homme qui sauva le monde 2« , qui parodie les films d’espace et de science-fiction.

Vikash Dhorasoo, deux ans après son auto-documentaire de remplaçant de la Coupe du Monde 2006, joue un avocat dans le film de Marc Jolivet, « La très très grande entreprise« .

Eva Roob est beaucoup moins connue : c’est une footballeuse allemande qui a mis fin à sa carrière en 2009, à 23 ans, pour se consacrer à son deuxième métier : Actrice X ! « J’ai opté pour le métier qui me plaisait le plus et qui me rapportait le plus d’argent« . Comme quoi le foot mène à tout.

Eva Roob

2 – Les participations technico-commerciales, c’est-à-dire celles où le footballeur est appelé avant tout parce qu’il est un footballeur, célèbre ou non :

En 1920, Harold Walden, buteur de l’équipe d’Angleterre aux Jeux Olympiques de 1912, tourne dans son premier film « The Winning Goal« , un film muet de G.B. Samuelson. Héros militaire et chanteur émérite, Harold Walden a eu une vie plutôt riche. En 1948, on l’invitera à nouveau au cinéma à jouer son propre rôle dans « Cup-tie honeymoon« .

En 1926, l’ancien international gallois Billy Meredith, ancien joueur de Manchester City et United, joue le rôle d’un entraîneur dans « The Ball of Fortune » de Hugh Croise.

Matt Busby, coach de Manchester United, apparaît en 1965 dans « Cup Fever » de David Bracknell, l’histoire de jeunes joueurs du club de Barton United qui veulent remporter le championnat local en dépit d’un conseiller municipal leur met des bâtons dans les roues.

Franz Beckenbauer, en 1974, joue son propre rôle dans « Libero » de Wigbert Wicker, un film mi-fiction, mi-documentaire à la gloire du capitaine du Bayern Munich.

Pelé, Bobby Moore, Paul Van Himst, Osvaldo Ardiles, Kazimierz Deyna, John Wark, Russell Osman, Kevin O’Callaghan, Hallvar Thoresen, Mike Summerbee, Co Prins, Sören Linsted, Robin Turner, Laurie Sivell et Werner Roth… C’est le casting du mythique nanar footballistique de John Huston, « Escape To Victory« , sorti en 1981.

Escape to Victory (1981)

Pelé apparaît de nouveau dans les salles obscures en 1981, grâce à Raoul Thomas qui lui confie un rôle dans « A Manor Miracle« , l’histoire d’orphelins de l’école Saint-Francis qui cherchent une solution pour éviter de voir leur établissement fermer.

Carlo Ancelotti, Roberto Boninsegna, Roberto Pruzzo et Luciano Spinosi, joueurs de l’AS Roma, apparaissent dans « Don Camillo » version Terence Hill en 1984. Pour la fameuse scène du match de foot, bien évidemment.

Zico, le fabuleux milieu de terrain brésilien qui joue alors à Udine, apparaît en 1984 dans le film « L’Allenatore nel Pallone » de l’Italien Sergio Martino où un entraîneur, dirigeant une équipe en difficulté, intègre deux joueurs brésiliens pour l’emmener vers la victoire. Quatorze années plus tard, en 1998, Zico apparaîtra dans une nouvelle comédie à sa gloire, « Uma aventura di Zico« . Un navet.

Pelé est de nouveau à l’écran en 1987 dans « Football Kid » de Rick King, l’histoire typiquement Disney d’un jeune américain qui veut devenir footballeur professionnel et qui demandera à Pelé de l’aider à atteindre son rêve.

Alan Shearer, sérial buteur anglais des nineties, fait en 1999 une courte apparition dans « The match« , un film de Mike Davis. Il réapparaîtra un an plus tard dans « Newcastle Boys » de Mark Herman.

Bruno Conti, ancien international italien champion du monde 1982, et Luigi Di Biagio, international italien dans les générations suivantes, apparaissent parmi d’autres joueurs en 1999 dans « L’Ultimo Mundial » de Antonella Ponziani.

Ally McCoist, buteur des Glasgow Rangers, et de Sir Alex Ferguson, coach de Manchester United, se retrouvent en 2000 dans « En route pour la gloire » de Michael Corrente.

Raymond Domenech, qui n’était pas encore devenu sélectionneur de l’équipe de France, apparait en 2001 dans « La surface de réparation » de Bernard Fabre dans le rôle d’un entraîneur de football yougoslave qui officie en France pendant la guerre du Kosovo.

Nicolas Anelka, alors joueur du PSG, jongle en plein milieu du film « Le Boulet » de Alain Berberian (2001) sans que l’on comprenne vraiment ce qu’il fait là. Une participation qui avait fait du bruit à son époque, puisque peu avant un match de championnat à Strasbourg, les dirigeants du paris Saint-Germain avaient annoncé l’absence de leur buteur virtuel pour raison professionnelle. Il se trouve que cette raison était bien le tournage de cette scène… sans intérêt aucun.

Gary Lineker, John Barnes et John Hansen, anciens grands joueurs des années 1980, apparaissent en 2002 dans leur propre rôle de consultants TV au tout début de « Bend it like Beckham » de Gurinder Chadha.

Ronaldinho et quelques figures du Paris Saint Germain 2001/2002 (Jay Jay Okocha, José Pochettino, Luis Fernandez…) jouent les figurants de luxe dans « Trois zéros » de Fabien Onteniente, un film où apparaissent divers têtes connues du football, parmi lesquelles l’excellent Roland Courbis, ainsi que Thierry Roland, Jean-Pierre Papin, Gervais Martel, Pascal Praud, Pierre Menès, Karim Nedjari et plein d’autres.

On retrouvera en 2013 Rolland Courbis et Thierry Roland dans un autre film de Fabien Onteniente, « Turf« .

Ivan Zamorano, l’attaquant chilien, joue en 2004 son propre rôle dans « Azul y Blanco« , où il sert de médiateur entre les fractions de supporters les plus violents du pays, Universdad Catolica et Colo Colo.

Zinédine Zidane, David Beckham, Ronaldo, Raul, Roberto Carlos, mais aussi Ronaldinho, Grégory Coupet et Alou Diarra prêtent en 2005 leur image à la trilogie « Goal« , un blockbuster qui raconte l’ascension d’un jeune footballeur mexicain au Real Madrid.

Zinédine Zidane apparaît également en 2008 aux cotés du basketteur Tony Parker et de la tenniswoman Amélie Mauresmo dans le navet « Astérix aux Jeux Olympiques« .

Sylvain Wiltord, ancien joueur d’Arsenal en fin de carrière à l’OM,  joue son propre rôle en 2010 dans « Le Mac » de Pascal Bourdiaux, aux côtés de José Garcia et de Gilbert Melki. Il joue du moins le rôle d’un joueur qui… refuse d’aller à Arsenal !

On en a oublié ? Certainement. L’article sera mis à jour à chaque prochain footeux que l’on trouvera au générique d’un film.

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