Il est mauvais, Dupaxon !

BANDE DESSINEE – « La vedette » de Malo Louarn a fait les beaux jours du magazine Spirou au début des années 1980. Une période où croquer le monde du foot était encore très marginal. A redécouvrir d’urgence.

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L’Olympic FC n’est pas un club qui respire la sérénité. Les finances sont au plus bas, les joueurs ne sont plus payés et les partenaires, sponsors et mairie, ne veulent plus lâcher de subventions. Sur le terrain, ce n’est pas mieux. Les joueurs ne gagnent plus un match et jouent sous les moqueries de leurs propres supporters. Il faut dire que la star du coin, le dénommé Dupaxon, rate des buts tout fait et tente de consternantes simulations pour obtenir un penalty. Des tribunes retentissent un cri : « Il est mauvais, Dupaxon ! » un cri de désespoir qui unit les supporters de l’Olympic FC.

Les dirigeants décident alors d’abattre leur dernière carte : recruter l’un des tous meilleurs joueurs du monde, le Youpoltchèque Popov, alias le Cannonier de Vodkagrad, 75 buts par an (dont 25 contre son camp). C’est l’ébullition dans les travées de l’Olympic.

Ainsi il n’y avait pas que Eric Castel au début des années 1980 pour assouvir notre soif de ballons et de bulles. Pour contrer l’irréprochable héros du prude journal Tintin, son concurrent irrévérencieux Spirou avait créé Dupaxon, anti-héros parfait, frimeur, buveur et pas toujours performant sur le terrain.

Malo Louarn, l’auteur, s’était fait remarquer par une première BD, « Le Candidat » où les moeurs politiques étaient passées au lance-flamme – à tel point que l’auteur connut quelques démêlés avec ses éditeurs. Lorsqu’il s’attaque au monde du football, il ne laisse non plus rien passer : Des joueurs orgueilleux et pas très lucides sur leur propre niveau, un club fauché malgré de grosses sommes qui circulent, des dirigeants qui mélangent les intérêts du club avec ceux de leur propre société, des politiques aux aguets pour récupérer la moindre victoire (ou défaite selon le camp que l’on défend), une population aussi passionnée que versatile. On ajoute à ce tableau une bande de truands à la recherche d’un magot qu’ils auraient enterré, c’est malin, juste sous le terrain, et cela donne une BD où les intrigues se croisent et s’entrecroisent dans un rythme effréné et une avalanche de gags.

La grande force de cette BD, c’est son graphisme très vif, école Franquin, et son scénario étoffé, sans temps mort, alimenté par une multitude de personnages – il n’y a pas de héros à proprement parler. Surtout, il ne fait aucun doute que l’auteur connait parfaitement bien le monde du foot. Il restitue notamment l’atmosphère des tribunes et des bistrots où l’on parle foot. Le fan de ballon rond se plonge ainsi d’emblée en terrain de connaissance.

« La vedette » sorti en 1980, est le point de départ d’une trilogie. Le deuxième tome sort en 1981, « Le cannonier de Vodkagrad« . Le troisième quand à lui est stoppé en pleine création. Car l’affaire du « Candidat » a suscité tellement de grincements de dents en haut-lieu que l’auteur a vu son contrat annulé par l’éditeur. « La Taupe de Botagogo » ne sera repris que… trente ans plus tard et verra enfin le jour en album, aux éditions P’tit Louis. Une nouvelle génération de bédéphiles redécouvre ainsi l’impayable Dupaxon, toujours aussi mauvais, et un univers footballistique qui n’a pas pris une seule ride.

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Sur le web :

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