Jack Ben, au nom de la mémoire

BANDE DESSINEE – La BD « Carton Jaune » de Didier Daeninckx et Asaf Hanouka (1999) raconte l’histoire d’un footballeur prometteur pris dans la tourmente de l’histoire.

bd-cartonjaune

C’est l’histoire de Jack Ben, l’avant-centre du Red Star. Un jeune juif tunisien, Jacques Benzara de son vrai nom, qu’un journaliste séduit par son talent a arraché de sa Tunisie natale pour lui faire faire carrière en métropole. Une carrière prometteuse. Le Tunisien marque but sur but et est rapidement adopté par le public du stade Bauer. Il tape aussi dans l’oeil du sélectionneur de l’équipe de France qui monte une équipe pour la Coupe du Monde 1938.

Jack Ben marquera deux buts face à la Belgique (3-1) lors de cette Coupe du Monde. Mais la France n’ira pas plus loin que les quarts de finale où l’Italie, tenante du titre, lui barre la route. Le Tunisien devient une vedette. Il est invité dans les soirées du Tout-Paris et s’attache à une danseuse des Folies Bergère qui deviendra actrice et qu’il épousera. Et puis c’est la guerre et l’occupation allemande. Le championnat de football est momentanément suspendu.

Privé de foot, Jack Ben se tourne vers sa nouvelle passion. Il joue quelques petits rôles dans des films dont sa femme est la vedette. Il devient même la vedette d’un film sur le football. Mais le 18 juillet 1942, Jack Ben est absent du plateau. La veille, une rafle terrible a eu lieu au Vélodrome d’Hiver, emportant le footballeur et sa femme.

Cela aurait pu être une histoire vraie. Le scénario suit scrupuleusement les secousses de l’Histoire. Comme l’expliquera dans la post-face la ministre Marie-Georges Buffet, l’histoire de Jacques Benzera est inspirée de celle, bien réelle, du boxeur Victor Young Perez, victime de la rafle du Vel’d’Hiv et mort sous les mitraillettes allemandes dans un camp où il se procurait de la nourriture pour les autres prisonniers.

C’est à lui et à l’ensemble des sportifs qui furent victimes des décisions du Commissariat Français aux Sports durant l’occupation, que cette bande dessinée est dédiée. L’écrivain Didier Daeninckx a ciselé un scénario extrêmement réaliste, bien qu’un peu convenu. Il est porté par le graphisme d’Asaf Hanouka, un jeune dessinateur israélien.

Dommage que les éditeurs n’aient pas trouvé un titre plus porteur que le banal « Carton jaune », tellement usité qu’il en passe inaperçu.

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