Le bon numéro

LISTING – Les numéros sur le maillot furent à l’origine destinés à définir le positionnement des joueurs sur le terrain. Aujourd’hui, ils servent avant tout à les identifier.

Johan Cruijff Pays Bas 14

Lorsqu’apparurent les premiers numéros au dos du maillot des joueurs, la plupart des équipes évoluaient avec deux défenseurs, trois milieux de terrain et cinq attaquants. Ainsi les numéros furent attribués ligne par ligne, de droite à gauche, en commençant par le gardien de but : 1 pour le gardien, 2 et 3 pour les défenseurs, 4, 5 et 6 pour les milieux de terrain, 7, 8, 9, 10 et 11 pour les attaquants.

Par la suite, les dispositions d’équipes évoluèrent dans la sens de la sécurisation et du renforcement des bases arrières. Ainsi le 4 passa du milieu à la défense écartant les 2 et 3 sur les cotés. Il sera suivi par le 5 (ou le 6) qui se placera derrière les autres défenseurs. Pour le pas être en reste, l’entre-jeu reculera deux attaquants, le 8 et le 10.

Ainsi les numéros furent fixés dans les années 1950 lorsque la disposition en 4-3-3 se généralisa :1 pour le gardien de but, 2 pour l’arrière droit, 5 pour le libero, 4 pour le stoppeur, 3 pour l’arrière gauche, 6 pour le milieu droit, 8 pour le milieu gauche, 10 pour le meneur de jeu, 7 pour l’ailier droit, 11 pour l’ailier gauche et 9 pour l’avant-centre. C’est curieusement cette attribution qui reste, à quelques nuances près, dans l’inconscient collectif du football.

Il est très difficile de déterminer où et quand apparurent les premiers numéros au dos des maillots, tant les versions diffèrent selon les sources. Herbert Chapman, le mythique manager d’Arsenal dans les années 1930, prétend avoir eu l’idée le premier, mais sa mégalomanie lui faisait souvent oublier ses sources d’inspiration.

En fait, l’idée serait beaucoup plus vieille et viendrait… d’Australie. Dès 1911, les joueurs d’un foot un peu particulier, l’Australian Rules, portaient déjà un numéro. Les équipes de soccer les imitèrent rapidement et dès 1912, les numéro étaient obligatoires dans le championnat de Nouvelle Galles du Sud.

D’abord voué à définir le rôle d’un joueur sur le terrain, le numéro changea de fonction au fil des années pour n’être plus aujourd’hui destiné qu’à identifier un joueur. Dès la Coupe du Monde 1950, la FIFA obligea chaque joueur à conserver le même numéro durant tout le tournoi. L’idée fut reprise dans les années 1990 dans la plupart des championnats professionnels.

De nombreux joueurs sont attachés à leur numéro. Le plus célèbre reste Johan Cruijff et son fameux numéro 14 qu’il portait en sélection des Pays Bas lors du Mondial 1974. Il avait choisi ce numéro en 1970 au retour d’une blessure et avait refusé de reprendre le numéro 9 qu’avait porté son remplaçant Gerrie Mühren.

Platini Juventus

Michel Platini a quand à lui toujours tenu à conserver son numéro 10. Pour des raisons sportives autant que commerciales. Le 10 est devenu dans de nombreux pays un numéro de prestige. Outre Platini, n’était-il pas aussi le numéro de Pelé, de Maradona, de Zico ?

En Angleterre, c’est plutôt le 7, numéro de Stanley Matthews et de Kevin Keegan, qui surpasse les autres. A Manchester United, le 7 a successivement été porté par George Best, Eric Cantona, David Beckham et Cristiano Ronaldo.

En 1978 et en 1982, l’équipe d’Argentine donnait les numéros aux joueurs par classement alphabétique. Ainsi le 1 fut attribué en 1978 au remplaçant Norberto Alonso (qui n’a joué aucun match) puis en 1982 au milieu de terrain Osvaldo Ardilès, titulaire cinq fois sur cinq. Quand à Ubaldo Fillol, le gardien, c’est avec le 5 puis le 7 qu’il a gardé les cages argentines.

Pantélis Kafés, un attaquant grec des années 2000, a pris l’habitude, lui aussi, de jouer avec le numéro 1 dans chacun des clubs qu’il a fréquenté.

En 1997, le Chilien Ivan Zamorano doit céder le numéro 9 qu’il porte pourtant depuis un an avec l’Inter Milan. Ce numéro est en effet réservé par contrat avec la recrue du club lombard, le brésilien Ronaldo. Sans rancune, le Chilien choisit de porter le numéro 18… dans lequel il glissera, entre les deux chiffres, le signe « + ».

Au début des années 2000, le gardien italien Gianluigi Buffon évoluait à Parme avec un numéro 88. Un numéro à quatre boules qui selon lui multipliait sa virilité par deux. Du coté des tribunes, on interpréta le numéro comme un hommage douteux. Le H étant la huitième lettre de l’alphabet, « 88 » fut traduit en « HH » qui pourrait donc signifier « Heil Hitler« . Un raccourci capillotracté qui a valu au gardien italien une menace de suspension s’il ne changeait pas de numéro. Il adopta aussitôt le 77.

Nicolas Anelka a longtemps porté le numéro 39, mais on ne sait pas vraiment pourquoi. C’est le numéro qui lui aurait été attribué lorsqu’il joua à Fenerbahce et il n’a jamais voulu s’en séparer. Toutes les hypothèses ont été soumises : 9-3 en verlan en hommage à ses potes de Seine Saint-Denis ? Sa pointure ? Son QI ? Le chiffre jusqu’auquel il sait compter ? Anelka a toujours été un joueur de questions sans réponse.

Les autorités du football tentent d’éviter le prolifération de numéros fantaisistes. Certaines Fédérations imposent par exemple que le 1 soit porté par un gardien de but, ou interdisent les numéros supérieurs à 30.

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un commentaire

  1. Hello ! Je me suis toujours demandé comment les numéros 2 et 3 s’étaient retrouvés à jouer sur les côtés. Maintenant, j’ai la réponse :). Merci beaucoup pour cet article !

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