Les Pieds Nickelés aiment le foot

BANDE DESSINEE – Là où l’argent facile est roi, les Pieds Nickelés pointent leur museau. Y compris dans les milieux du foot, qu’ils ont fréquenté en maintes occasions.

Les Pieds Nickeles Footballeurs

Ils sont les pires filous de la bande dessinée française et leurs exploits ont traversé les générations. Sans doute les Pieds Nickelés incarnent-ils à travers leurs larcins de différentes natures un goût bien français pour l’insoumission, la même qui fera le succès par exemple du gaulois Astérix.

Filochard, Croquignol et Ribouldingue sont nés en 1908 dans la revue « L’Epatant » sous la plume de Louis Forton. Lorsque celui-ci disparaît en 1934, il laisse trois orphelins sans avenir ou presque. C’est en 1948 que la Société Parisienne d’Edition donne une nouvelle vie au trio, en confiant sa destinée à un maître de la BD, le Suisse René Pellos. Celui-ci est un touche-à-tout de l’illustration.

Outre les Pieds Nickelés, il se distingue avec une bande dessinée référence en matière de science-fiction, « Futuropolis« . Il fera plus tard les beaux jours des journaux de sport avec ses caricatures de grandes figures, notamment des cyclistes, et surtout le personnage mythique qu’il a inventé pour expliquer les soudaines défaillances des héros du Tour de France : la fameuse montagne au marteau. Passionné de sport, ancien hockeyeur de haut niveau, il était inévitable que Pellos emmène ses Pieds Nickelés dans le monde des stades. Et en toute logique dans celui du foot, où l’on retrouve nos héros en plusieurs occasions.

C’est en 1955 que sort le numéro 28 de la série, « Les Pieds Nickelés footballeurs« . A vrai dire, le football n’occupe que les cinq premières pages de cette aventure. L’extraordinaire ressemblance de Ribouldingue avec un gardien de but de renom donne des idées aux trois compères. La manoeuvre est simple : Il suffit de « vendre » le fameux goal-keeper au Racing Club d’Auteuil, le grand club professionnel du coin. Dans les rééditions futures, le grand club en question aura pour nom Paris Saint-Glinglin. Il faut bien coller à son époque.

Nous ne sommes qu’en 1955 mais déjà l’on n’hésite pas à critiquer le milieu du foot professionnel, au train de vie dispendieux. Filochard, Croquignol et Ribouldingue profitent de la crédulité et de la mégalomanie des dirigeants du foot pour embrouiller leur monde, avant qu’un impondérable fasse capoter leur affaire, comme de bien entendu.

Deux ans plus tard, les trois brigands retrouvent le foot dans un numéro de la collection Joyeuse lecture dans un épisode intitulé « Ribouldingue arbitre de football« .

Les Pieds Nickelés retrouvent les milieux du foot dans les seventies et leur 103e numéro, « Les Pieds nickelés jouent et gagnent« . Nous sommes alors en 1976 et la France se passionne pour les Verts de Saint-Etienne. Les trois brigands rejoignent le Forez pour s’emparer de la recette d’un match. Ils se transforment en arbitres d’une rencontre européenne Saint-Etienne – Sploot.

Pellos s’en donne à coeur joie dans un domaine qu’il affectionne, celui de la caricature. Il restitue le stade Geoffroy-Guichard sous la neige, les bus de supporters, les banderoles « Allez les Verts » et surtout croque avec délice les silhouettes de Patrick Revelli, Oswaldo Piazza, Gérard Janvion, et autres Jean-Michel Larqué. Un vrai régal.

Dans le but de créer une émeute, les Pieds Nickelés arbitres accordent un but hors-jeu puis un penalty contre les Verts. Le public envahit la pelouse et le trio profite de la cohue pour s’emparer du butin.

Pellos lâche la série en 1981. Les Pieds Nickelés reviennent sous la plume de Jacarbo (dessins) et Serge Saint-Michel (scénario) dans une nouvelle série de la Société Parisienne d’Edition. Une série très courte (six albums) mais aussi très sportive qui envoie les trois compères, tantôt aux Jeux Olympiques, tantôt sur le Tour de France, tantôt dans d’autres disciplines sportives. Dont le foot.

Nous sommes en 1982 et le monde a les yeux tournés vers l’Espagne où se déroule la douzième Coupe du Monde. Ainsi sort « Les Pieds Nickelés au Mondial« . Les trois compères se retrouvent au sein de l’équipe nationale du Rutabaga, avec laquelle ils comptent bien remporter la Coupe du Monde. Le dessin est un peu fade et l’histoire manque de piquant. Cette ultime escapade des trois filous dans le monde du ballon rond ne marquera pas les esprits.

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