Jet-set chez les footeux

FILM – La comédie « Trois zéros » de Fabien Onteniente (2002) croque l’univers du foot-business français durant la période 1998-2002. Un peu périmée aujourd’hui.

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Lorsque le Paris Saint Germain recrute un attaquant hongrois du nom de Tibor Kovacs, le petit monde du football est en ébullition. Car ce joueur, totalement inconnu des spécialistes, porte en lui de sérieuses promesses. N’est-il pas conseillé par l’agent Alain Colonna, que l’on croyait détaché des choses du football, et qui pourtant n’hésite pas à revenir de son exil brésilien pour le jeune hongrois ?

En fait, Kovacs (Lorant Deutsch) est un petit voyou possédant de vagues origines magyares. Il sort tout juste de prison, où il a fait la connaissance d’un certain Manu (Samuel Le Bihan). Celui-ci a remarqué les qualités footballistiques de son compère de cellule, et s’est dit qu’il y a sans doute de l’argent à se faire. A leur sortie de prison, les deux hommes partent donc à l’assaut du milieu du foot pro, et particulièrement du PSG. Manu s’offre même un détour vers le Brésil pour y débaucher Alain Colonna (Gérard Lanvin), ancien agent de joueur retiré du milieu. Mais entre-temps, le talent de Kovacs n’a pas échappé au redoutable Marbello (Gérard Darmon), agent de joueur sans scrupules capable de tout pour parvenir à ses fins.

Après avoir passé la « Jet-Set » au vitriol deux ans plus tôt, Fabien Onteniente s’attaque au petit monde du foot professionnel : Les joueurs, bien sûr, mais aussi les dirigeants, les journalistes, les épouses et les agents plus ou moins véreux. Pour « Trois zéros« , Onteniente a repris sensiblement la même trame que pour « Jet-Set » : faire entrer Samuel Le Bihan dans un monde huppé. Vrai passionné de foot, Onteniente a mené, avec l’appui d’Emmanuel Booz, une longue enquête sur le milieu du foot avant de réaliser son film. Il s’est offert un conseiller de choix en la personne de Rolland Courbis (qui a un petit rôle dans le film). Onteniente a écrit le scénario avec Philippe Guillard, ancien rugbyman devenu journaliste sportif et romancier.

Lorant Deutsch, qui joue le rôle de Tibor Kovacs, est réellement d’origine hongroise et vrai passionné de foot. Il a grandi avec le culte de la grande équipe hongroise des années cinquante. Gérard Darmon n’est pas, lui non plus, un ignare en matière de ballon rond. Quand à Gérard Lanvin jouant le rôle d’une célébrité sur le retour, c’est une jolie métaphore de sa propre carrière d’acteur. Isabelle Nanty brille dans le rôle de coach d’une équipe amateur féminine, dont elle est également la gardienne de but, véritable passoire au demeurant qui estime « qu’il y a un sacré problème de défense dans l’équipe« . Elle oppose son regard de passionnée sur le milieu pro.

Onteniente a le bon goût de travailler ses seconds rôles, s’inspirant souvent d’exemples connus. Stomy Bugsy par exemple interprète un jeune attaquant prodige venu des banlieues franciliennes et qui ne se sépare jamais de sa horde de frangins/copains, lesquels comprennent plus rapidement que lui les moeurs du milieu. Maréva Galanter, miss France 1999, interprète un top model international qui devient, pour les besoins médiatiques, la petite amie du joueur vedette.

Pour rendre son film plus crédible, Onteniente n’a pas lésiné sur les moyens. Les scènes de match se déroulent au Stade de France, rien que ça. Deutsch et Bugsy se sont entrainés pendant deux mois avec les pros du Paris Saint Germain (le film est produit par la chaîne Canal Plus, alors actionnaire principal du club). Les personnages du film croisent les stars du PSG de l’époque tels que Ronaldinho, Okocha, Pochettino, le coach Luis Fernandez, mais aussi des célébrités médiatiques proches du foot : Thierry Roland, Gervais Martel, Jean-Pierre Papin, Pascal Praud, Pierre Menès, Karim Nedjari et plein d’autres. Le détail le plus croustillant du casting est le rôle du maire, que Onteniente a confié à… Jean Tibéri, qui fut réellement maire de Paris (avec quelques casseroles au passage). Enfin, comment ne pas citer Rolland Courbis, entraîneur de renom, qui joue à la perfection le rôle de l’entraîneur filou contraint à l’exil dans un club turc.

Sorti quelques mois avant le début de la Coupe du Monde 2002, ce film dont le titre rappelle le score de la finale de la Coupe du Monde 1998, a bénéficié d’une promotion tapageuse. Il fallait se dépêcher d’aller le voir, notamment pour saisir les allusions au foot d’alors. S’il reste aujourd’hui une comédie qui se laisse regarder, « Trois Zéros » est un film d’époque qui a perdu un peu de son sel.

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