Souvenirs auto-collants

FIGURINES – De générations en générations, les gamins se sont familiarisé avec le visage des footballeurs professionnels en échangeant les doubles dans les cours de récré.

Bruno Bolchi

En 1961, Bruno Bolchi est un prometteur milieu de terrain de l’Inter Milan. A 21 ans, il fait également ses premiers pas en sélection nationale italienne, où il sera sélectionné quatre fois. Sa carrière déclinera rapidement. Au milieu des années soixante, Bolchi n’est plus qu’un bon joueur de Série B, alors que l’Inter tutoie les sommets européens. Mais Bruno Bolchi est resté dans l’histoire : Sa vignette Panini est tout simplement la première de l’histoire.

Très tôt, le principe des images de footballeurs fut instauré en Angleterre. En 1889, l’amateur de foot trouvait une image d’un joueur de Preston ou de Aston Villa dans les paquets de cigarettes. En France, dès le début du vingtième siècle, les joueurs les plus connus étaient l’objet de cartes postales. Puis des institutions comme les chocolats Poulain et les fromages La Vache qui Rit introduirent à leur tour des images (de football et d’autres thèmes) dans leurs produits.

Au début des années soixante, deux vendeurs de journaux de Modène trouvent un moyen habile de vendre des bonbons : Pour tout achat, l’enfant se voit remettre la photographie d’un footballeur, découpée dans les journaux invendus. L’idée faisant son chemin, les deux hommes décident de fabriquer eux-même ces images, et de les mettre en vente. Ils créent également un support, un album pré-imprimé sur lequel les enfants peuvent coller ces images. Puis, pour en améliorer l’esprit ludique, ces images sont vendues dans des pochettes fermées. Giuseppe et Benito Panini viennent de trouver la formule qui les rendra riches et célèbres.

C’est Bruno Bolchi, donc, qui est le premier footballeur dont on crée la vignette Panini. Celle-ci passera comme toutes les suivantes dans le fameux « fifimatic », un appareil créé par Umberto Panini. Cette machine conditionne les images autocollantes et les met dans une pochette hermétiquement fermées. Seule le nombre d’images par pochettes est programmé. Le choix des images dépend du hasard.

La pochette de deux images coûte alors 10 lires (environ 5 centimes d’Euros). Le succès est énorme. Trois millions de pochettes sont vendues la première année, en 1961. L’année suivante, le chiffre est à multiplier par cinq. En 1963, ce sont déjà près de trente millions de pochettes que vendent les frères Panini.

En 1965, Panini tente de sortir du domaine du football en sortant la collection « Avions et missiles », puis « Animaux du monde entier » en 1966.

En 1970, à l’occasion de la Coupe du Monde 1970 à Mexico, Panini édite son premier album multilingue et les images deviennent autocollantes. Le phénomène Panini sort du périmètre italien et se propage en Europe. En France, le premier album voit le jour en 1976 et est rapidement adopté par les jeunes français.

Dans les années 1980, Panini développe son concept hors football. Les séries TV et surtout les dessins animés de Walt Disney enrichissent son panel. En France, la collection « Le Roi Lion » atteint le chiffre record de 47 millions de pochettes vendues.

En France, l’image la plus rare et la plus recherchée serait celle de Jean-Pierre Papin, saison 1986/87. La société Panini affirme pourtant que toutes les vignettes sont éditées à nombre égal.

Le groupe connait ses premières difficultés au début des années 1990. Racheté à plusieurs reprises, il doit faire face à la concurrence des Pokemon et autres gadgets venus d’Asie. De plus, le monde du football a appris à vendre son image, et de tout Panini qu’il s’agisse, la photographie d’un grand joueur coûte désormais cher.

En 1998, les joueurs d’une équipe nationale n’apparaissent pas sur l’album France 98, Panini et la Fédération n’ayant pu trouver un accord financier pour l’exploitation de l’image des joueurs. Il s’agit de l’équipe… d’Iran.

Le 20 juin 2002, suite à l’élimination controversée de la Squadra Azzurra contre la Corée du Sud en huitième de finale de la Coupe du Monde, le groupe Panini a décidé de retirer du marché la série émise pour le Mondial 2002… « pour protester« , selon Umberto Leone, le directeur commercial de Panini Italia, « contre l’arbitrage scandaleux dont est victime la Squadra depuis le début du tournoi« .

Giuseppe Panini est décédé le 18 octobre 1996, à l’âge de 71 ans. Aujourd’hui, l’album complet, images comprises, de la première collection Panini (1961) se vend aujourd’hui entre 500 et 1.000 euros.

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Les vignettes qui illustrent cet article ont été empruntées à l’excellent www.oldschoolpanini.com

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