La légende d’un Roi

LIVRE – Nombre de bouquins ont été écrits sur le plus grand footballeur de tous les temps. Celui de François Thébaud, « Pelé, une vie, le football, le monde » sorti en 1974, réédité en 1977, est le plus intéressant.

Pelé 1970

François Thébaud, rédacteur en chef du mythique Miroir du football a eu la chance de suivre Pelé dans tous les stades du monde, et particulièrement lors des quatre Coupes du Monde auxquelles a participé celui que tous considèrent comme le plus grand footballeur de tous les temps. Il attend sagement la fin de carrière du Roi, en 1974, pour sortir « Pelé, une vie, le football, le monde« .

Edson Arantes Do Nascimento fut, nul ne le conteste, le plus grand footballeur de tous les temps. Le Brésilien est une sorte de miracle génétique, un homme qui, selon François Thébaud, était le football.

Outre son palmarès long comme un jour sans pain, outre ses statistiques hallucinantes, Pelé était un footballeur hors du commun. Capable des dribbles les plus époustouflants, des buts les plus somptueux, Pelé avait du talent, mais avait un petit plus qui le distinguait du commun des joueurs de foot. Ce petit plus, c’était l’inspiration. Pelé devinait avant tout le monde les caprices du ballon, les réactions de ses adversaires, les intentions de ses partenaires. A la différence d’un Maradona, par exemple, Pelé était un joueur éminement collectif. Il trouvait ses partenaires dans le temps imparti où d’autres cherchaient encore.

S’il a inscrit plus de mille buts dans sa carrière, on dit souvent que les plus beaux buts de Pelé sont ceux… qu’il n’a pas marqué : Un tir instantané du rond central d’où il avait vu le gardien tchèque Viktor trop avancé. Celui-ci fut tout heureux de voir le ballon frôler sa lucarne ; Une feinte surnaturelle qui mystifia le gardien uruguayen Mazurciewicz. Ce fut tellement beau qu’une fois seul devant la cage vide, Pelé croisa trop son tir ; Un petit ballon poussé sur sa droite, sans que quiconque ne comprenne, hormis son coéquipier Carlos Alberto déjà lancé en pleine course pour un tir d’une invraisemblable pureté qui crucifia définitivement l’Italie en finale du Mondial 1970.

On pourrait ajouter cette reprise de la tête contre l’Angleterre, que le gardien Gordon Banks détourna au prix d’une parade considérée par la légende comme le plus bel arrêt de l’histoire du football. Pelé avait aussi ce talent de faire briller… ses adversaires. Pelé a provoqué tant de superlatifs tout au long de sa carrière que peu de monde ose remettre en cause son statut de plus grand footballeur de tous les temps. Seul Diego Armando Maradona a connu le privilège d’être l’outsider de ce titre. Mais l’argentin a dû s’incliner devant le caractère exemplaire du Brésilien.

Pourquoi donc Pelé ? La Coupe du Monde 1970 fut la première diffusée en direct à l’échelle du globe. En Europe, à cause du décalage horaire, on se levait en pleine nuit pour assister au show brésilien. Ce Pelé dont on n’imaginait les exploits qu’au travers de comptes rendus écrits, prenait enfin forme humaine. Le lendemain, après un réveil difficile, la question n’était pas « Tu as vu le match ? » mais bien « Tu as vu Pelé ? ».

Aucun autre footballeur ne pourra bénéficier de cette aura. Outre la flamboyance d’un maillot, le jaune du Brésil, Pelé fut avant tout un footballeur dont on assistait moins aux exploits qu’on ne les imaginait. Il a fait l’essentiel de sa carrière à Santos, un club lointain, noir et blanc, égaré dans l’inextricable championnat brésilien. Quelques photos spectaculaires pas toujours très nettes, ainsi que des chiffres énormes, nourrissait la légende du meilleur joueur du monde. Aujourd’hui, un joueur comme Zinedine Zidane, dont la moindre rencontre est l’objet d’une diffusion télévisée, dont le moindre geste est disséqué, ne peut bénéficier de la part de mystère dont jouissait Pelé. Pelé n’a jamais cédé aux sirènes des grands clubs européens qui voulaient l’engager. Une présence trop médiatique au Real Madrid ou à l’Inter Milan, comme il en fut parfois question, aurait certainement erodé le mythe.

Même les générations qui n’ont jamais pu le voir jouer admettent que Pelé fut le meilleur joueur de tous les temps. C’est devenu au fil des temps une vérité incontestable. Comme Mohammed Ali sur le ring, comme Fangio dans son bolide, comme Merckx sur son vélo, Pelé est le plus grand sur un terrain de football. Point.


Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :