Si yo fuera Maradona

FILM – Le cinéaste serbe Emir Kusturica avait voulu faire le plus beau film jamais tourné sur Diego Maradona. « Maradona by Kusturica » sorti en 2008 n’est au bout du compte qu’un documentaire approximatif.

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Le film était annoncé comme l’un des événements du festival de Cannes 2008. Diego Maradona lui même avait fait le déplacement pour gratifier les photographes de quelques jonglages sur les célèbres marches. Emir Kusturica, le cinéaste serbe aux films enchanteurs, avait décidé de se consacrer au plus grand magicien des terrains de foot du monde. La rencontre promettait d’être belle, la déception fut énorme.

D’entrée, Emir Kusturica s’auto-proclame le Maradona du septième art. Il nous emmène à Mar del Plata à la rencontre de Diego Maradona. Lorsqu’il ne se fait tout simplement pas jeter par l’idole, il en retire quelques interviewes sans réel intérêt. Diego évoque sa passion du jeu, ses filles qu’il n’a pas vu grandir, ses problèmes de drogue et son engagement politique. Le discours habituel que le demi-dieu argentin lâche à n’importe quel journaliste.

C’est bien le principal défaut du film : Il ne propose rien de nouveau. Les images d’archives ont été vues et revues, les plus beaux buts sont connus de tout amateur de foot de la génération Youtube, et le discours de Maradona ne change pas : Il se proclame défenseur du tiers-monde, se prend pour une sorte de Che de l’an 2000, proclame son soutien à Fidel Castro et sa haine du gouvernement américain. Son discours est sympa, mais malheureusement d’une grande platitude.

De son coté, Emir Kusturica donne le sentiment de ne pas trop savoir quoi faire de son film. Il papote avec Diego, est manifestement fier d’être devenu son ami. Il l’invite notamment à Belgrade pour évoquer un but magnifique du prodige argentin lors d’un Etoile Rouge-Barcelone 1983. Les deux hommes tapent le ballon ensemble sur la pelouse du Marakana et donnent au spectateur l’impression d’être un peu de trop.

Comme pour boucher les vides de son inspiration, le réalisateur glisse quelques extraits de ses anciens films. On peut y trouver un rapport lointain avec le sujet, mais la ficelle semble être trop grosse. Ou alors on n’a rien compris.

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De ce film en grande partie raté, on retient malgré tout quelques beaux passages. Notamment la séquence finale où Manu Chao interprète « La vida tombola » devant un Diego sincèrement ému. On peut également sourire à la séquence où Maradona oublie tout simplement qu’il a rendez-vous avec Kusturica et le laisse tomber sans la moindre explication.

Enfin, on n’oubliera pas les étonnants passages de cette secte religieuse qui se proclame « église maradonienne« , vouant un culte au footballeur, baptisant leurs adeptes après que ceux-ci aient démontré leur capacité à marquer un but… de la main (!), célébrant des mariages ballon au pied (!!), et clôturant les offices par un spectacle de go-go danseuses (!!!). Oui, un peu n’importe quoi. A l’image du film.

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