Win when he’s singing

MUSIQUE – Robbie Williams, chanteur pour minettes, est aussi un féru de foot. Il s’investit notamment, à l’instar de son modèle Elton John, dans le club de foot de son enfance, Port Vale, un obscur club de Stoke-on-Trent.

Robbie Williams Port Vale

Le Port Vale Football Club n’a jamais évolué dans l’élite du football anglais. Sa place est plutôt en League One (troisième division) où il demeure depuis un siècle. En FA Cup, le club de Stoke-on-Trent n’a jamais été plus loin que le cinquième tour, la perf la plus récente étant une honorable défaite devant Leeds en février 1996. Bref, jamais le club ne se serait extirpé de l’anonymat si en février 2006 une célébrité n’avait décidé de s’intéresser à son sort. Il ne s’agit pas d’un oligarque venu écouler ses roubles douteux, ni d’un boursicoteur soudainement attiré par le soccer, mais tout simplement d’une pop-star native de Stoke, Robbie Williams.

Et là, le lecteur fait la gueule : Pourquoi nous parler de ce pâle chanteur à minettes et de son petit club pourri qu’on ne verra jamais en Premier League ? Hum… Robbie Williams est le prototype de l’artiste qu’on se plait à détester : Il est jeune, beau, riche, spirituel, il plait aux femmes, il chante bien et juste. Ceci dit, mesdames, sachez que ce bellâtre est également connu pour ses penchants dépressifs, son attirance pour la poudre et son caractère volage. Et en plus, il aime le foot…

A l’instar de son modèle Elton John (1), l’ex-Take That a injecté l’équivalent de 350.000 euros dans le capital de son club favori, soulageant celui-ci de quelques complications d’ordre financier. « Je vis à Los Angeles, mais je n’oublie pas que je viens de Stoke-on-Trent, se justifia-t-il lors de la conférence de presse qui annonça l’évènement. Cet investissement est une manière de montrer que mon coeur est toujours là-bas. Je reste un grand supporter. »

On aurait pu se douter que la star était férue de foot si l’on s’était intéressé à son album « Sing when you’re winning » sorti en 2001. Si le contenu est un peu ennuyeux, la pochette du CD en question est entièrement dédiée au foot. Le chanteur pose en maillot bleu à la manière d’un Bobby Moore, porté en triomphe par ses coéquipiers… qui ont tous son visage. Au dos, le chanteur campe un vendeur de programme. Le livret quand à lui est truffé de photos de la star tour à tour déguisée en buteur, en remplaçant, en hooligan, en coach, en soigneur, en gardien de but, en arbitre, en striker, en arrière droit assez brutal évoluant en D3, etc.

Autre démonstration de son goût pour le beautiful game, Robbie Williams a été le capitaine de l’équipe d’Angleterre lors d’une rencontre jouée à Old Trafford devant 70.000 spectateurs ! Il s’agissait bien sûr d’un match de charité organisé pour l’Unicef peu avant la Coupe du Monde 2006, où étaient invitées nombre de vieilles gloires du jeu parmi lesquelles Diego Maradona, Ruud Gullit et autres Paul Gascoigne. Pour être au top le jour de ce match particulier, Williams s’était entraîné pendant dix jours avec les pros. Au cours de ses tournées mondiales, lorsqu’il en a la possibilité, le chanteur aime entretenir sa condition physique en participant aux entraînements des clubs professionnels à qui il rend visite, comme ce fut le cas notamment avec le Bayern Munich. Il se raconte même qu’un club sud-africain avec qui il s’entraîna lui aurait proposé un contrat.

Depuis février 2006, Robbie Williams est donc devenu l’actionnaire majoritaire du FC Port Vale. Son engagement va au-delà d’une simple passion égoïste. Le chanteur cherche également à profiter de sa notoriété pour remettre en valeur une région touchée par la crise et le chômage. Il a grandi à Bursley, dans les quartiers populaire du nord de la ville. Ses parents, comédiens fauchés, ont divorcé alors qu’il n’avait que quatre ans. Gosse de la rue, Robbie passait son temps à jouer au foot. Le dimanche, il se rendait au stade et inventait une énième resquille pour ne pas rater les rencontres de Port Vale, le club qui, faute de télévision, lui donnait l’image du foot de haut niveau.

Aujourd’hui, Robbie Williams n’a plus besoin de resquiller. Une place lui est réservée dans la tribune présidentielle de Vale Park. Mais le chanteur est très rarement présent à Stoke, planning de star oblige. La boutique du club, quand à elle, propose un maillot floqué « Robbie Williams » avec le numéro 7. Un maillot vendu une vingtaine de livres de plus que la tenue traditionnelle. Même en troisième division, l’Angleterre ne perd pas son sens du business. Un jour sans doute, Robbie Williams sera enfin présent à Vale Park. Il sera devenu le président du club, et les projets les plus fous pourront voir le jour. Et notamment celui-ci : Chiper la suprématie locale à Stoke City.

(1) voir notre article I’m only the piano player

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