Qui es-tu, Diego Armando ?

LIVRE – Alicia Dujovne Ortiz se rend à Naples début 1991 dans le but d’écrire un livre sur Diego Maradona. Mais celui-ci vient de quitter l’Italie. La biographie se transforme en enquête.

Maradona 1990

Au soir de la finale de la Coupe du Monde 1990, que l’Argentine vient de perdre face à l’Allemagne, Diego Armando Maradona pleure sous les sifflets imbéciles du public romain. Emue par les larmes du Pibe de Oro, Alicia Dujovne Ortiz, qui de son propre aveu ne goûte guère aux choses du football, décide d’écrire la vie du nabot argentin.

Mieux que personne, Alicia Dujovne Ortiz sait trouver les mots pour parler de son pays. Native de Buenos Aires, elle fut journaliste à la Nacion et à la Opinion avant de rejoindre Paris en 1978. Elle a publié plusieurs romans et surtout des récits consacrés aux mythes argentins. Entre Buenos Aires et Eva Peron, il était normal qu’elle se penche sur le cas Diego Maradona.

Lorsqu’elle se rend à Naples en mars 1991 pour rencontrer le joueur, celui-ci vient de rentrer précipitement à Buenos Aires, suite à un contrôle antidopage positif, qui révéla une forte consommation de cocaïne. La biographie prévue devient alors une enquête sur le phénomène Dieguito au pied du Vésuve.

livre_maradona-cest-moi

A sa grande surprise, l’auteur a le sentiment, en découvrant Naples, d’un retour aux sources. Elle retrouve chez les Napolitains toutes les caractéristiques de ses compatriotes. Les immigrants qui ont construit l’Argentine n’étaient-ils pas pour la plupart venus du sud de l’Italie ? N’était-il finalement pas logique que le plus célèbre des Argentins exprime son talent, sa gouaille et son espièglerie au stade San Paolo ? Maradona, n’était-il finalement pas le plus Napolitain de son équipe ?

Alicia Dujovne Ortiz revient également sur quelques épisodes de la carrière de Maradona, notamment la fameuse « Mano de Dios » de la Coupe du Monde 1986 contre l’Angleterre. Elle cherche les mots pour nous faire comprendre ce que cet acte de tricherie manifeste, a pu signifier pour le peuple Argentin. Elle s’interroge également sur les relations de Diego avec la redoutable Camorra napolitaine.

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