Football is freedom

MUSIQUE – On ne compte plus les articles qui évoquent Bob Marley et sa passion du foot. D’autant plus que la disparition du roi du reggae, le 11 mai 1981, a un lien avec le ballon rond. C’est en effet une blessure contractée lors d’une partie de foot qui a révélé le mal dont il souffrait.

Bob Marley Henri Michel FC Nantes

« Football is freedom ! » Cela aurait pu être le refrain rassembleur d’un morceau de reggae, cela ne restera qu’un extrait d’interview. Bob Marley aimait le foot mais ne le chantait pas. Il le vénérait : « Le foot est toute une habileté de lui-même. Un monde entier. Un univers à lui seul. Moi je l’aime parce qu’il faut être habile pour y jouer ! « . Il n’avait pas à proprement parler d’équipe favorite, mais citait souvent, parmi ses joueurs préférés, Osvaldo Ardilès, le fin meneur de jeu de l’équipe d’Argentine championne du monde en 1978.

On lit aussi souvent que Robert Nesta Marley (1945-1981) était un très bon footballeur. A un niveau tel qu’il aurait pu prétendre à une carrière pro. Lorsque l’on voit les rares images de Tuff Gong balle au pied, on tempère un peu cet enthousiasme. Nous sommes loin du joueur fin qui caresse la sphère, comme décrit çà et là. Si le roi du reggae avait un niveau correct, c’était celui d’un bon amateur mais sans doute pas d’un pro. Les rares privilégiés qui ont pu jouer contre lui le dépeignent souvent comme un joueur dur sur l’homme et assez perso.

Il est probables que les souvenirs confondent un peu Bob Marley à l’un de ses musiciens, Alan ‘Skill‘ Cole qui fit bien une carrière professionnelle et joua quelques années au Brésil. Le public français a aussi en mémoire ce succulent épisode de Nantes, en 1980, où les Wailers s’invitèrent à la Jonelière, le terrain d’entrainement du Football Club local. Un « 5 contre 5″ mythique opposa ainsi la bande à Marley aux Henri Michel, Amisse, Rampillon et autres Bossis. Si la chronique n’a pas retenu le score, les  » Canaris  » présents avouèrent avoir été surpris par la qualité technique et la condition physique des Wailers. De là à en recruter un ou deux, il y avait peut-être un pas.

A chacune de leurs longues tournées à travers le monde, les Wailers pouvaient oublier une guitare ou une caisse claire, mais jamais un ballon. Entre le sound-check l’après-midi et le concert du soir, les Wailers s’adonnaient à des parties de foot acharnées et fort impressionnantes. On y jouait avec sérieux.

C’est à Paris qu’eut lieu un autre match « mythique » des Wailers, contre une équipe de journalistes français. Sous la pluie, sur un terrain au pied de la Tour Eiffel, Marley est contraint de quitter le terrain suite à un choc. Le gros orteil écrasé par un adversaire, il se résout à abandonner la partie. On ignore alors à quel point cet incident se révèlera dramatique.

Le médecin qu’il consulte lui recommande d’éviter de marcher le temps que se soigne la blessure. Ce à quoi Marley ne peut se résoudre puisqu’il doit donner le soir même un concert à Paris, et poursuivre sa tournée européenne. Quelques jours plus tard, à Londres, Marley quitte la scène en boîtant bas, tant sa douleur est insupportable. En coulisse, lorsqu’il retire sa chaussure, son pied baigne dans le sang. A la fin de la tournée, il va suivre des examens qui lui révèleront qu’il est atteint d’un cancer.

Ainsi l’image de Bob Marley est-elle associée à jamais au ballon rond. Les fans enjolivent la légende en se persuadant que leur icône aurait pu concurrencer Pelé si le foot avait été mieux implanté en Jamaïque. Mais du coup, l’avènement du reggae aurait été retardé de quelques décennies…


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