Foot et géographie

LISTING – Pour beaucoup de fans, le foot et notamment la Coupe du Monde a été une ouverture sur le monde et sa géographie. Il y a pourtant bien des pièges à éviter.

foot et geographie

Il ne faut pas chercher plus loin la raison des bonnes notes en géographie : on les doit avant tout au foot. C’est bien grâce à la Coupe du Monde que l’on soupçonne l’existence de l’Uruguay, du Cameroun, du Koweit et du Honduras, ces pays qui ne doivent souvent leur renommée qu’aux talents de leurs footballeurs. Seulement, la géographie que nous enseigne le foot est loin d’être d’une exactitude absolue. Il y a en effet des équipes qui représentent des pays pas vraiment indépendants.

L’exemple le plus fameux nous vient des nations britanniques. N’avons-nous pas longtemps cru que les équipes d’Angleterre, d’Ecosse, du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord représentaient des pays parfaitement indépendants ? Or, quitte à fâcher l’ensemble de la diaspora celte, ces quatre nations font bien partie d’un seul et même pays, le Royaume Uni. Du temps où le foot n’avait pas encore conquis le monde, les Britanniques disputaient déjà une compétition internationale, le Home British Championship qui mettait aux prises les quatre nations britanniques. Lorsque fut créée la FIFA, celle-ci demanda l’intégration du Royaume Uni, mais celui-ci n’accepta qu’à la seule condition que soient prises en compte les quatre équipes nationales. La FIFA craignait tellement de ne pas avoir les maîtres du foot dans son giron qu’elle accepta sans discuter. Depuis, ce statut privilégié n’a jamais été remis en cause.

Pourtant, les textes de la FIFA étaient clairs : Une équipe par fédération, une fédération par nation. Mais qu’est-ce qu’une nation ? Dès sa création, la FIFA avait été confronté à la question lorsqu’on lui soumit l’inscription de la Bohème. Cet état était certes autonome, mais faisait partie intégrante de l’empire austro-hongrois. Les fédérations autrichiennes et hongroises, qui avaient pu inscrire leurs équipes, demandèrent l’exclusion de la petite Bohème. La FIFA s’exécuta aussitôt. Selon que vous serez puissant ou misérable….

En 1945, la création de l’Organisation des Nations Unies (ONU) enlève une belle épine du pied à la FIFA. Celle-ci peut s’appuyer sur un organisme reconnu pour déterminer ou non l’indépendance d’un pays. Mais cela ne l’empêche pas de s’autoriser quelques petits écarts.

Prenons au hasard les Iles Feroe. L’archipel perdu dans le nord de l’Atlantique n’est pas considéré comme un état indépendant, mais seulement comme un territoire autonome. Il appartient au Danemark, mais le gouvernement danois ne gère aucune affaire intérieure des Feroe. L’archipel organise un championnat de foot depuis 1942. La fédération, créée en 1979 adhère à la FIFA depuis 1988.

Son cas ressemble à celui de Tahiti. Depuis 1990, l’île française a une équipe nationale qui regroupe les meilleurs joueurs de Polynésie Française et qui dispute les épreuves internationales de la zone Océanie. Elle peut donc tout à fait se qualifier pour la Coupe du Monde. Ce qui n’est pas encore le cas des équipes de Guadeloupe et de Martinique, qui disputent la Gold Cup mais ne sont pas reconnues par la FIFA.

Certains états sont bien reconnus par l’ONU, mais tellement petits qu’ils hésitent à lancer une équipe nationale. On pense au Vatican, qui a d’autres préoccupation que le foot. Et aussi la Principauté de Monaco, indépendante depuis 1297, qui a un club très connu, l’AS Monaco, plusieurs fois champion de France, mais pas de Fédération, ni d’équipe nationale.

Monaco est une exception. Beaucoup d’autres principautés ont aujourd’hui leur équipe nationale. Comme le Liechtenstein, coincée entre la Suisse et l’Autriche. Sa Fédération adhère à la FIFA et son équipe nationale dispute les éliminatoires de la zone Europe. Ses clubs, par contre, disputent les championnats suisses. Le FC Vaduz évolue même en première division helvétique. Mais il ne pourra jamais être déclaré champion de Suisse, même s’il termine en tête du classement. A quoi bon disputer un championnat que l’on ne remportera de toute façon jamais ?

Saint-Marin est une République indépendante enclavée en Italie. Sa Fédération adhère à la FIFA et son équipe nationale dispute les éliminatoires de la zone Europe (elle n’a jusqu’à présent jamais remporté le moindre match !). Ses clubs disputent le championnat de Saint-Marin sauf le Saint Marino Calcio, qui dispute le championnat italien de série C1 (troisième division). Andorre est une très ancienne Principauté coincée entre la France et l’Espagne. Sa Fédération adhère à la FIFA et son équipe nationale dispute depuis 1998 les éliminatoires de la zone Europe.

Drôles de continents

Si le globe est composé de cinq continents, le monde du foot en compte souvent six. L’Amérique est en effet coupée en deux entre le Concacaf (Amérique centrale et du Nord) et l’Amsud (Amérique du Sud). La composition de ces continents est parfois un peu curieuse. Ainsi le Suriname, partie intégrante de l’Amérique du Sud, ne fait pas partie de la zone Amsud et doit ferrailler avec le Concacaf, tout comme les îles Trinitad-et-Tobago, qui baignent au large du Venezuela.

L’Europe compte en son sein Israël. L’état hébreu est bien implanté en Asie, mais il n’est pas reconnu par ses voisins arabes, et donc non inscrit dans la Confédération Asiatique. La présence d’autres pays dans le giron européen est tout aussi discuté. La Turquie a depuis toujours participé aux compétitions européennes de football bien qu’une grande partie de son territoire se trouve en Asie. Cela n’a jusqu’alors jamais vraiment posé de problèmes, tant que la sélection ottomane demeurait une équipe assez faible. Mais depuis qu’elle obtient de probants résultats, ses adversaires s’interrogent sur sa place dans le vieux continent. La même interrogation pourrait se porter sur la Russie et l’Azerbaidjan, deux pays également à cheval sur deux continents.

L’Asie quand à elle accueille depuis 2006 l’équipe d’Australie. Il faut dire que celle-ci était un peu lassée de disputer les éliminatoires de la zone Océanie… qui ne garantit pas toujours une place en Coupe du Monde. Mieux vaut donc s’escrimer avec les nations asiatiques.

En Amérique du Sud, la Copa America a tenté de s’ouvrir sur le monde. Depuis le début des années 1990, elle invite des nations d’Amérique du Nord comme le Mexique, les USA, le Costa Rica, ce qui reste cohérent. Ca l’est beaucoup moins par contre lorsqu’elle invite le Japon ou l’Espagne. A quand la Corée du Sud championne d’Amérique du Sud ?

Advertisements

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :